Tout savoir sur le bilan de fertilité

A partir d’un an, en moyenne, d’essais infructueux pour avoir un bébé, le gynécologue reçoit le couple au cours d’une consultation et procède à divers examens et analyses. Cet ensemble représente le bilan de fertilité. Quelles en sont les différentes étapes ? Que permet-il d’évaluer ? Découvrez toutes les informations à connaître sur le bilan de fertilité, avec les commentaires du Docteur Marc Even, recueillis lors de la journée de l’infertilité du 6 novembre 2021.

Tout savoir sur le bilan de fertilité

Bilan de fertilité : quand ?

Tout d’abord, il faut distinguer l’infertilité primaire qui concerne 2/3 des cas et qui signifie qu’il n’y a jamais eu de grossesse ; de l’infertilité secondaire qui survient dans 1/3 des cas, quand il y a déjà eu conception.

 

« On parle d’infertilité au sein d’un couple quand il y a absence de conception après un an de rapports sexuels réguliers », informe de prime abord le Docteur Marc Even, chirurgien gynécologue-obstétricien à l’Hôpital Foch, à Paris.

Des propos qu’il nuance toutefois, car l’attente d’une année dépend de plusieurs critères : « Bien sûr, le bilan de fertilité est à programmer plus tôt si la femme est âgée de plus de 35 ans ou s’il y a des risques déjà déterminés pour la fertilité, tels que des traitements ou de l’endométriose. »

 

Le jour de la consultation qui entame le bilan de fertilité, le médecin spécialiste commence par un interrogatoire. Date de début du projet de grossesse, connaissance de son cycle, antécédents et troubles connus éventuels, s’il y a déjà eu un bilan de fertilité d’effectué… Bien sûr, si des examens ont été réalisés en amont, mieux vaut emporter les résultats d’analyse à ce moment-là. Lors de cette consultation, en fonction des réponses, des premiers résultats et des examens cliniques, les analyses à venir peuvent également être énoncées.

 

Bilan de fertilité : le déroulé

Rapidement, l’objectif du médecin est de rechercher certains troubles : perméabilité des trompes ? Troubles de l’ovulation ? De la spermatogenèse chez l’homme ?

 

Le premier examen pour détecter une anomalie quelconque est la prise de sang. Les taux de LH, de FSH, de prolactine et d’AMH sont alors particulièrement étudiés. « Cette dernière représente un marqueur de la réserve ovarienne, mais elle n’est pas prédictive de la fertilité pour autant. Aussi, il ne faut jamais interpréter son taux de manière isolée », avertit le Docteur Marc Even.

 

Bilan de fertilité, côté femmes

Après le bilan sanguin, le médecin prescrira à Madame une échographie pelvienne par voie endo-vaginale à effectuer en début de cycle, soit pendant le début des règles. « Cet examen nous aide à vérifier qu’il n’y ait pas de malformation utérine, mais aussi effectuer un comptage du nombre de follicules nous permettant d’avoir un aperçu de la réserve ovarienne. Quand tout va bien, on devrait pouvoir compter 6 à 12 follicules  par ovaire à ce moment du cycle », explique Marc Even. Autre recherche que l’échographie pelvienne permet d’effectuer ? S’assurer qu’il n’y ait pas d’endométriose, rendue visible par la présence de lésions.

 

Autre analyse pratiquée lors du bilan de fertilité ? L’hystérosalpingographie : un examen de radiologie de la cavité utérine et des trompes, qui permet notamment de vérifier la perméabilité de ces dernières. Pratiqué par un radiologue en-dehors des règles (dans les 10 jours suivant ces dernières), l’hystérosalpingographie consiste en l’injection d’un produit (généralement du sérum physiologique) permettant de mieux distinguer les différents éléments durant l’examen, et de mieux explorer le canal endocervical à l’aide de la mini-caméra située sur la sonde. Cet examen permet notamment de détecter la présence d’un fibrome (une tumeur bénigne située dans l’utérus) ou de polypes (excroissances également assimilables à des tumeurs bénignes).

 

En deuxième intention, une IRM pelvienne, permettant d’étudier utérus, ovaires, vessie et rectum, pourra être pratiquée. Cet examen permet, entre autres, de détecter de l’endométriose ou d’obtenir davantage de précisions sur un fibrome.

 

Parmi les examens possibles dans le cadre d’un bilan de fertilité, mais en seconde voire troisième intention selon les résultats précédents, on peut également trouver la biopsie de l’endomètre et le caryotype, pour rechercher une éventuelle anomalie chromosomique.

 

Bilan de fertilité, côté hommes

Le spermogramme est l’examen incontournable de référence pour identifier la plupart des causes d’infertilité masculine. En cas d’anomalie détectée, il doit être renouvelé afin de confirmer ou non, un diagnostic.

 

S’il doit être complété, il l’est généralement par un test de migration-survie qui permet, en 24 heures, de calculer la proportion de spermatozoïdes opérationnels qui perdure après ce laps de temps. Analyses complémentaires possibles ? La recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes, échographie des testicules ou de la prostate, bilan hormonal (plus particulièrement pour contrôler les taux de testostérone et de FSH), analyse du caryotype (en cas de suspicion d’une anomalie chromosomique) ou encore biopsie testiculaire.

 

Autre examen qui peut être envisagé pour les femmes comme pour les hommes ? La cœlioscopie, également connue sous l’appellation de laparoscopie. Elle est principalement recommandée en cas d’infertilité inexpliquée. Cette technique chirurgicale consiste à pratiquer une petite incision de l’abdomen afin d’observer directement l’intérieur de la cavité pelvienne et dans un second temps, d’intervenir sur les organes qui le nécessitent. Suppression de kyste ovarien, ablation de lésions d’endométriose, hystérectomie en cas de fibrome, mais aussi traitement d’un testicule non descendu sont autant de possibilités d’action pour le chirurgien pratiquant la cœlioscopie.

 

Le bilan de fertilité intervient à un moment bien précis de son parcours pour devenir parents. Composé d’un interrogatoire et de plusieurs examens complémentaires les uns des autres, il a pour but de diagnostiquer, chez chacun des membres du couple, ce qui empêche la conception d’avoir lieu et de mettre en place le traitement adapté au(x) problème(s) de fertilité détectés.

 

« Il y a une vraie demande d’informations au sujet de la fertilité en consultation », indique le Docteur Marc Even qui encourage : « Il ne faut pas hésiter à poser toutes ses questions le plus tôt possible à son gynécologue, avant qu’il soit question de bilan de fertilité. »

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