Fertilité : comment l’améliorer en 7 points clés

Fertilité : comment l’améliorer en 7 points clés

Pour améliorer sa fertilité et ainsi augmenter ses chances de concevoir un enfant, certains critères sont à prendre particulièrement en compte. Quelques habitudes quotidiennes sont également à adopter ou à éviter, selon sa situation. Comment améliorer sa fertilité lorsque cette dernière ne souffre d’aucun trouble particulier ? Réponses et conseils avec la Docteure Marie de Crécy, gynécologue médicale et membre du conseil d’administration de la Fédération Nationale des Collèges de gynécologie médicale.

L’âge

Malgré de nombreuses histoires médiatisées de femmes devenues mères à un âge avancé, pour la gynécologue médicale Marie de Crécy, les faits sont immuables : « Mieux vaut envisager une grossesse avant 35 ans car on ne peut pas présumer de sa fertilité. » Elle ajoute, rassurante : « En moyenne, une femme jeune sans problème particulier, met 6 mois à concevoir. »

 

Alors que la moyenne d’âge du premier enfant est désormais de 31 ans, et que de nombreuses femmes repoussent le moment d’être enceintes pour diverses raisons, d’après la spécialiste, mieux vaut ne pas trop reporter cet événement : 

 

« D’une manière générale, pour obtenir une grossesse quand on veut, il est préférable de la faire le plus tôt possible. » 

 

Une recommandation qui concerne également les hommes, bien que ces derniers aient naturellement une horloge biologique moins limitée que celle des femmes : « L’âge est aussi à prendre en compte par les hommes. Il y a environ 10 ans de décalage entre la fertilité des deux sexes. Par conséquent, il faut garder à l’esprit que la fertilité masculine commence à baisser à partir de 45 ans », souligne la Dr de Crécy. 

Pour résumer ? « Le meilleur moyen d’améliorer sa fertilité, c’est de ne pas trop tarder avant de concevoir. » 

 

Les rapports réguliers

Naturellement, avoir des rapports sexuels réguliers (« au moins 2 ou 3 par semaine », recommande la Dr de Crécy) maximise ses chances de concevoir. « L’ovocyte ne vit que 24 heures. Les spermatozoïdes, eux, peuvent survivre 3 à 5 jours, en particulier si l’homme est très fertile et jeune », rappelle la spécialiste. Bien connaître son cycle menstruel permet également d’augmenter ses chances, en ayant davantage de rapports pendant la période idéale. Une connaissance d’autant plus précieuse lorsque les membres du couple ne vivent pas sous le même toit.

 

Connaître son corps

Côté femmes, plusieurs caractéristiques peuvent être étudiées pour évaluer la régularité de son cycle, et s’assurer que l’ovulation a bien lieu, si la grossesse tarde à venir. « De plus, ces méthodes permettent de mieux connaître son corps », encourage Marie de Crécy qui rappelle certaines informations concernant l’ovulation : « Elle dépend de la longueur du cycle et il faut savoir que les cycles se raccourcissent avec l’âge. Une femme qui a des cycles de 31 jours ovule généralement entre le 16ème et le 20ème jour. Mais cela peut survenir le 10ème jour en cas de cycle court. » 

 

Dans un premier temps, l’étude de la glaire cervicale est un bon indicateur pour savoir où l’on en est dans son cycle menstruel : en période d’ovulation, cette glaire est d’aspect souple voire élastique, translucide ou blanchâtre, rappelant la consistance et l’apparence du blanc d’œuf. 

 

Deuxième méthode ? Prendre sa température : « Si l’on choisit d’établir des courbes de température, il faut le faire pendant au moins 2 à 3 mois, afin d’avoir un aperçu complet et une évaluation aussi précise que possible. La température moyenne est d’environ 36,6°C, puis elle augmente d’environ 3 dixièmes pendant une dizaine de jours, sous l’action de la progestérone, quand l’ovulation est bonne », décrit la gynécologue médicale qui invite, en parallèle, les femmes à ne pas s’inquiéter si leurs mesures ne correspondent pas exactement à ces moyennes. En effet, plusieurs facteurs, tels que le stress, peuvent justifier un infime écart de température. La Docteure de Crécy encourage alors à poursuivre ces mesures lors du cycle voire des cycles suivants, et avertit : « Beaucoup de femmes pensent que leur ovulation a lieu quand leur température a augmenté. Or, elle survient  24 à 48 heures avant la montée de température. Quand cette dernière augmente, il est donc trop tard ! D’où l’importance d’établir ses courbes pendant plusieurs mois, si l’on opte pour cette méthode. » 

 

Le psychisme

 

« Nous vivons dans une société très stressante, avec de plus en plus de sources de stress », déplore Marie de Crécy qui rappelle que le stress peut provoquer des réactions physiologiques bloquantes pour la fertilité. 

 

Il peut également avoir des origines psychologiques, accentuées par un bébé qui tarde à venir, par exemple. « Il ne faut pas se mettre la pression, ni se prendre la tête en y pensant trop, d’autant plus avant un an d’essai. » 

 

Au-delà du psychisme individuel, la bonne santé psychologique et psychosexuelle du couple est également essentielle. Etre sûr que l’on partage l’un et l’autre le même désir d’enfant tout en ne se focalisant pas trop dessus, afin de maintenir des rapports réguliers se déroulant dans la spontanéité, est un facteur puissant d’amélioration de la fertilité. 

 

L’hygiène de vie

Unanimement reconnus, ces principes s’appliquent aussi à la fertilité : ne pas fumer, ne pas boire d’alcool excessivement, ni consommer de drogues. Certains traitements, comme la prise d’antidépresseurs, d’antiépileptiques ou d’androgènes, ne s’accordent généralement pas non plus avec la fertilité. 

 

« On connaît surtout les conséquences de l’ensemble des addictions sur les hommes. En effet, il n’est pas possible d’étudier la qualité d’un ovule autrement qu’en essayant de concevoir, contrairement à la qualité des spermatozoïdes qui, elle, est mesurable », précise la gynécologue médicale. 

S’alimenter sainement, en quantité suffisante et de façon équilibrée, s’avère également essentiel : 

 

« Le surpoids est un facteur d’hypofertilité et accentue les risques de contracter une pathologie pendant la grossesse. Le sous-poids est également risqué puisqu’il peut entraîner une absence d’ovulation. En général, l’indice de masse corporelle doit être compris entre 18 et 30 », recommande la spécialiste.

 

L’exercice physique suffisant et équilibré lui aussi, n’est pas en reste : « Le sport pratiqué de manière trop intense représente un risque pour la fertilité », prévient Marie de Crécy qui poursuit : « Pratiquer du sport 2 heures par jour tous les jours, par exemple, peut provoquer anovulation ou aménorrhée. Pour les hommes aussi, enchaîner marathons ou entraînements notamment, a des répercussions sur le sperme et peut en avoir sur le couple. »

Concernant l’hygiène de vie plus généralement, la spécialiste résume : « Il faut vivre normalement, mais vivre sainement ! »

 

L’environnement

Face à ce facteur, nous ne sommes malheureusement pas tous égaux et il peut s’avérer difficile de ne pas s’exposer. Mais connaître les risques permet de s’en protéger le plus possible. 

Ainsi, les conséquences néfastes des polluants et des perturbateurs endocriniens ne sont plus inconnues ; et se montrer vigilant avant d’acheter certains produits, est une attitude devenue naturelle pour la plupart d’entre nous.  

 

Mais se protéger devient plus difficile lorsque le métier que l’on exerce représente, lui aussi, des risques pour sa fertilité : « Travailler à proximité de sources de chaleur ou au contact de certains composants tels que des herbicides, peut expliquer une altération de la fertilité masculine. De même si l’on prend des bains trop chauds ou que l’on porte des sous-vêtements trop serrés. Habiter à proximité d’un champ où sévit encore une activité agricole, peut aussi expliquer une infertilité », décrit la Dr de Crécy. 

 

La consultation préconceptionnelle

Autrefois appelée consultation prénuptiale, ce rendez-vous médical, qui peut aussi bien avoir lieu avec son médecin généraliste que son gynécologue, devient pertinent dès lors qu’un couple envisage de concevoir un bébé. Les points-clés précédemment décrits peuvent alors être abordés en détails et le médecin délivre de nombreux conseils, notamment concernant l’alimentation à adopter. 

 

D’un point de vue médical, cette consultation permet de vérifier, grâce à l’interrogatoire et au bilan sanguin, que la patiente est immunisée contre la rubéole et la toxoplasmose ; mais aussi de contrôler la sérologie d’une manière générale.

Insuffisance rénale, maladie auto-immune, pathologie cardiaque, lupus, diabète, dépression, maladie héréditaire… Vérifier la présence ou non de ces pathologies, permet de s’assurer que la conception peut avoir lieu en tout sérénité ; ou, si l’une de ces pathologies est présente, d’adapter le traitement en conséquence, afin qu’il devienne compatible avec une grossesse. 

 

« La consultation préconceptionnelle est régulièrement oubliée aujourd’hui, alors qu’elle devrait être quasiment obligatoire », regrette la gynécologue médicale qui ajoute : « Elle est en tout cas vivement recommandée avant de concevoir un enfant, permettant notamment d’éviter une grossesse à risque. »

 

Lorsqu’aucune pathologie n’est à déclarer, les moyens d’améliorer sa fertilité sont à portée de main : s’y prendre tôt et essayer régulièrement, en parallèle d’une vie et d’un environnement les plus sains possibles, sont autant d’éléments clés et essentiels qui augmentent ses chances de concevoir. Discuter de tout cela avec son médecin de confiance lors d’une consultation préconceptionnelle, permet de se rassurer, de mieux se connaître en effectuant les examens complémentaires adéquats, et d’ainsi entamer plus sereinement son projet bébé.

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