Production insuffisante de spermatozoïdes et fertilité

Les spermatozoïdes sont indispensables pour que la fécondation ait lieu. Quand leur production est diminuée, la fertilité est inévitablement atteinte. Comment expliquer une production insuffisante de spermatozoïdes et comment y faire face ? Réponses dans cet article, avec l’avis du Gynécologue-Obstétricien Jean-Jacques Bensaid.

RAPPEL SUR LE CYCLE DE PRODUCTION DES SPERMATOZOÏDES

Un sperme normalement constitué est composé de 80 à 100 millions de spermatozoïdes par millilitre. Un spermogramme est considéré comme normal, d’après l’OMS, si l’on trouve au moins 15 millions de spermatozoïdes par millilitre.

Pour rappel, la spermatogenèse (le processus de création des spermatozoïdes) commence à partir de la puberté. Dans les testicules, et plus précisément dans les tubes séminifères situés à leur périphérie, des centaines de millions de spermatozoïdes sont fabriqués chaque jour. Des cellules souches (spermatogonies) se divisent jusqu’à former des milliers de spermatocytes par seconde. Ces derniers se divisent à leur tour en spermatides qui évoluent ensuite en spermatozoïdes. Lorsque ces derniers sont arrivés à maturation, ils se détachent de la paroi des tubes séminifères et migrent vers le centre du testicule : l’épididyme, où ils sont stockés. Au total, il faut 72 jours pour qu’un spermatozoïde soit définitivement créé.

 

QUELS FACTEURS ONT UN IMPACT SUR LA PRODUCTION DES SPERMATOZOÏDES ?

Nombreuses peuvent être les causes de production insuffisante de spermatozoïdes.

 

> Facteurs génétiques

D’après l’Inserm, 5% des hommes doivent leur infertilité à des anomalies chromosomiques portant majoritairement sur les chromosomes sexuels. Une délétion partielle du chromosome Y, en particulier, peut provoquer l’absence de cellules germinales dans les tubes séminifères. L’ensemble de la spermatogenèse en subit alors les conséquences.

 

> Facteurs environnementaux

Des sources de chaleur prolongées au niveau testiculaire, l’exposition aux polluants en général et aux perturbateurs endocriniens en particulier ; la consommation de drogues, ainsi que le tabagisme actif comme passif représentent des risques considérables pour la production de spermatozoïdes.

 

> Facteurs de santé 

Si le patient est atteint de fièvre montant jusqu’à 39 degrés, cela peut altérer la spermatogenèse sur les 72 jours suivant cet épisode fiévreux. Près de 3 mois sont alors nécessaires pour retrouver une production de spermatozoïdes optimale.

La varicocèle est une pathologie entraînant la dilatation des veines du cordon spermatique. Ses symptômes peuvent être des douleurs localisées, un rétrécissement testiculaire ou une stérilité due à la diminution de la production de spermatozoïdes qu’entraîne cette pathologie. Elle concerne 30 à 40% des couples stériles.

L’orchite survient à la suite d’une infection et se caractérise par une inflammation d’un ou, plus rarement, des deux testicules. Gonflement, douleur et baisse de la fertilité sont les principaux symptômes de cette pathologie, heureusement guérissable en quelques semaines.

Traumatisme ou torsion testiculaire : Si le premier élément est souvent accidentel, la torsion testiculaire, quant à elle, est liée à une anomalie morphologique : le testicule est anormalement fixé à l’intérieur du scrotum, provoquant la torsion du cordon spermatique avec interruption du flux sanguin en conséquence. Cette anomalie peut survenir à deux moments en particulier de la vie d’un homme : en période périnatale (avant sa naissance, donc) et juste après la puberté. Ce problème, qui peut entraîner à terme, une baisse de la fertilité, nécessite une intervention chirurgicale en urgence.

 

> Facteurs médicaux

Un traitement par chimio ou radiothérapie représente également des risques pour la production de spermatozoïdes. Par ailleurs, les cancers des testicules sont en constante augmentation (1,5% d’augmentation par an).

La prise de certains médicaments, comme des anabolisants, peuvent avoir un impact négatif sur la fertilité masculine. Des études scientifiques récentes suggèrent que certains antalgiques, antihistaminiques et anti-reflux pourraient, dans certaines situations, provoquer des perturbations de la spermatogenèse.

 

PRODUCTION INSUFFISANTE DE SPERMATOZOÏDES : C’EST-À-DIRE ?

Lors d’un spermogramme, la valeur de référence pour évaluer la production de spermatozoïdes est de 15 millions. Pour rappel, d’après les normes de l’OMS, il est considéré comme normal d’avoir au moins 15 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme.

 

> L’oligospermie

S’il y a moins de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre, on parle d’oligospermie. Elle peut être légère, avec un nombre de spermatozoïdes compris entre 14 et 5 millions ; modérée : entre 5 millions et 1 million de gamètes ; et sévère, lorsqu’on trouve moins d’un million de spermatozoïdes. Selon l’étendue de cette anomalie, la fertilité sera plus ou moins perturbée.

 

> L’azoospermie

Il arrive aussi qu’il n’y ait aucun spermatozoïde dans le sperme. Il s’agit alors d’une azoospermie. Elle peut prendre deux formes, en fonction de ce qui la provoque :

  • Les spermatozoïdes sont absents car ils ne sont pas du tout fabriqués : c’est alors une azoospermie sécrétoire.
  • Les spermatozoïdes sont absents car les canaux qui les transportent sont bouchés voire inexistants : il s’agit ici d’une azoospermie obstructive ou excrétoire.

 

COMMENT REMÉDIER À UNE PRODUCTION INSUFFISANTE DE SPERMATOZOÏDES ?

Après le premier spermogramme ayant révélé cette anomalie, un nouveau contrôle par le même moyen est effectué 3 mois après le précédent. Il est, cette fois, complété par un test de migration survie qui consiste en la centrifugation à grande vitesse d’un échantillon de sperme, afin d’étudier l’état des spermatozoïdes à son issue : Sont-ils vivants ? Mobiles ? Et combien sont-ils ? Seuls les gamètes vivants sont recueillis et conservés à l’issue de cet examen, à condition qu’il y en ait au moins un million. Cet échantillon pourra être utilisé, si les conditions le permettent, en insémination artificielle.

Selon l’anomalie détectée, il peut être recommandé d’effectuer un bilan complet avec un andrologue (équivalent du gynécologue pour les hommes) : ce médecin spécialiste sera amené à prescrire différents examens de fertilité, comme une échographie testiculaire.

Ainsi, la chirurgie ou microchirurgie peut s’avérer une solution en cas de problèmes bien précis : si le patient souffre de varicocèle ou d’azoospermie obstructive, notamment.

Autre possibilité : la FIV avec ou sans ICSI (micro-injection d’un seul spermatozoïde directement dans l’ovule) ; elle sera préconisée avec ICSI d’emblée, en cas d’azoospermie obstructive ou excrétoire. Ce moyen de PMA est également nécessaire si l’infertilité perdure à la suite d’une varicocèle ou d’une torsion testiculaire.

Avis d’expert, par le Docteur Jean-Jacques Bensaid, Gynécologue-Obstétricien et Médecin de la Reproduction :

« On peut commencer à s’inquiéter à partir du moment où il y a moins de 5 millions de spermatozoïdes dans l’échantillon de sperme. Mais même avec un tel résultat, des solutions existent : le patient passe des examens génétiques permettant de rechercher la présence de facteurs favorisant cette production insuffisante de spermatozoïdes. On étudie notamment s’il n’a pas subi une mutation du gène CFTR ou des microdélétions du chromosome Y. 

S’il n’y a aucun spermatozoïde, on oriente le patient vers une biopsie des testicules. Le patient ne produit-il pas du tout de spermatozoïdes ? Ou est-ce parce que certains canaux sont bouchés ? C’est la biopsie qui permettra de répondre à ces questions ; et qui permettra de voir s’il y a des spermatozoïdes vivants qui pourraient être directement injectés dans l’ovule. »

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