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Moins de projets bébé ? La faute à la crise sanitaire ?

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Rédactrice
@Angéline Galinier-Warrain

Le chiffre était tombé en mars dernier, 13% de baisse des naissances en 2020 ! Certes la natalité baisse régulièrement depuis des années, mais l’année 2020 a battu un record. Et probablement que l’année 2021 en fera de même si la situation ne s’améliore pas, malgré un rebond en mai dernier (dû à un été 2020 de liberté retrouvée). La faute au Covid 19, mais pas seulement.

Moins de projets bébé La faute à la crise sanitaire

UNE CRISE QUI DONNE MOINS ENVIE DE FAIRE DES BÉBÉS

Ce recul peut s’expliquer par le contexte anxiogène de la crise sanitaire du Covid-19. De nombreux couples ont été découragés par le contexte et ont préféré reporter leurs projets de parentalité. “Il faut également rappeler que pendant ce premier confinement du printemps 2020, les centres de procréation médicalement assistée ont été fermés” précise un spécialiste. Et aujourd’hui encore, un parcours PMA reste difficile à suivre.

L’incertitude quant à la situation économique joue également dans le désir des couples de fonder une famille ou de l’agrandir. “Les naissances avaient également diminué lors des récessions économiques du début des années 1980 et de 1993, avec des baisses sur un an ayant pu atteindre ponctuellement 10 % certains mois” selon l’INSEE.

MAIS UNE DIMINUTION CONSTANTE DE LA FERTILITÉ DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES.

C’est un fait : dans les pays industrialisés, la fertilité humaine serait en décroissance. Deux grandes enquêtes ont tenté de mesurer la fréquence de l’infertilité.

 

On le sait, l’infertilité est multifactorielle et on ne peut pas omettre l’influence des facteurs environnementaux sur la fertilité tels que la pollution, les perturbateurs endocriniens, les substances chimiques utilisées dans l’industrie et l’agriculture et même certains médicaments. Sont-ils les seuls ?

La fertilité est un processus difficile à étudier qui découle de nombreux facteurs. En France, deux grandes enquêtes ont tenté de mesurer la fréquence de l’infertilité, de deux façons différentes : l’enquête nationale périnatale en 2003 et l’étude de l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France en 2007-2008. Après un an sans contraception, 18 à 24% des couples souhaitant une grossesse ne l’ont pas eu et 8 à 11% après deux ans. C’est donc un problème de santé à ne pas délaisser.

 

Il existe d’autres éléments permettant de décrire assez clairement cette éventuelle baisse de fertilité et en première ligne on retrouve : 

 

L’âge recule à la première grossesse :

Les couples ont un projet parental de plus en plus tard. À la naissance, les petites filles ont un stock d’ovocytes défini et plus le temps passe, plus il diminue. Avec l’âge, le risque d’infertilité progresse rapidement, or l’âge des femmes à la première grossesse n’a cessé de reculer dans les pays occidentaux ces dernières décennies.

 

L’obésité et le mode de vie :

Outre l’âge, le mode de vie a un impact très important sur la capacité à concevoir un enfant. Qu’il s’agisse des hommes ou des femmes, les personnes en surpoids ou obèses souffrent d’une baisse de fertilité.

 

Le rôle des polluants :

Pour mémo, les perturbateurs endocriniens sont des substances caractérisées par leur capacité à interférer avec les systèmes hormonaux chargés de surveiller la reproduction.

L’une des hypothèses actuellement discutée est qu’une exposition à ces substances au cours de la vie fœtale pourrait avoir un impact sur la fertilité à l’âge adulte : Ils peuvent avoir des effets à très faible dose ou à forte dose, ou encore des effets explosifs. Deux perturbateurs peuvent ne pas avoir d’impact individuellement, mais associés ils peuvent en avoir.

Plusieurs familles de pesticides, dont certaines particulièrement persistantes sont désormais interdites, pour lesquelles des liens ont été établis avec une baisse de la fertilité masculine, ont été évoqués. Le dibromochloropropane ou DBCP utilisé contre des vers s’attaquant aux racines des bananiers en font partie.

 

Lorsque les projets bébé repartiront à la hausse, espérons le pour l’année 2022 au plus tard, il faudra s’enlever le Covid de l’esprit et se recentrer sur les causes de la baisse de la fertilité par une meilleure pédagogie et un travail sur la prévention.