Les solutions d’experts pour les futurs papa

On diagnostique  l’infertilité en cas d’absence de grossesse malgré des rapports sexuels pendant au moins un an. D’après les données de l’Enquête nationale périnatale (ENP) et de l’Observatoire épidémiologique de la fertilité ́ en France (Obseff), 15 à 25% des couples sont touchés par cette difficulté à concevoir. Après deux ans de tentatives, les chiffres descendent à 8% – 11%.

Selon l’Inserm, « en France, environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant. Dans trois quarts des cas, l’infertilité est d’origine masculine, féminine, ou elle associe les deux sexes. Dans 10 à 25% elle n’est pas attribuable à un défaut spécifique d’un des deux partenaires».  Le stress serait-il en cause dans l’infertilité masculine ?

Paola Scemama-Ittah, neuropsychologue et coach neuro-émotionnelle répond à cette question.

UN DÉRÈGLEMENT HORMONAL PROVOQUÉ PAR LE STRESS ?

Pour expliquer l’infertilité masculine, des facteurs psychiques sont souvent mis en avant, notamment le stress. Dans le cerveau, il pourrait altérer la production de neurohormones et/ou des hormones gonadotropes  (hormones sexuelles) dans le système hypothalamo-hypophysaire. Techniquement les hormones du stress prennent le pouvoir et empêchent la diffusion des hormones sexuelles nécessaires à la reproduction. Le stress pourrait aussi jouer sur la production de la testostérone. Il   induirait la réduction de cette hormone sexuelle donc la qualité des spermatozoïdes.

Ces explications ont été confirmées par les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale Fertility and Sterility (https://www.fertstert.org/article/S0015-0282(14)00381-1/abstract).

 

Elle révèle que les hommes stressés produisent moins de spermatozoïdes et affichent  davantage de problèmes de fertilité que les futurs pères « zens ». Car, le stress pourrait entraîner une réduction des taux de testostérone, avec un effet réel sur la quantité et la qualité (mobilité, vitalité, morphologie des spermatozoïdes) du sperme.

 

Cette recherche  sur les liens entre stress et fertilité masculine a été menée sur 193 hommes âgés de 38 à 49 ans, choisis par l’Université de Columbia (New-York) parmi les participants d’une plus vaste étude sur les liens entre environnement et fertilité réalisée à Oakland (Californie). Les hommes ont passé des tests d’appréciation du stress sur une échelle subjective (ressenti) et objective (événements qui créent ce stress). Les participants ont également fourni  du sperme qui a été analysé pour en connaître la concentration, l’apparence et la mobilité. « Le stress dégrade la qualité du sperme », révèle cette étude de l’Université Columbia de la Santé Publique. « Les hommes stressés ont moins de spermatozoïdes et ils sont plus lents et parfois « déformés », ce qui affecte leur capacité à féconder l’ovule et donc la fertilité ».

Le stress  réel ou ressenti détériore la qualité du sperme. Plus précisément, les auteurs ont noté que le stress professionnel provoque une diminution des niveaux de testostérone. Le chômage aurait directement un impact sur la qualité du sperme.

Si les chercheurs ne savent  totalement expliquer le mécanisme par lequel le stress modifie la qualité  des spermatozoïdes, ils émettent l’idée  que le stress pourrait favoriser la libération d’hormones stéroïdes (les glucocorticoïdes) ce qui diminuerait les taux de testostérone et la fabrication des spermatozoïdes.

 

LES BLOCAGES PSYCHOLOGIQUES CHEZ LES HOMMES

S’il existe un certain nombre de troubles psychiques qui peuvent altérer la fertilité des hommes, Paola   Scemama-Ittah  met en exergue  les plus fréquemment rencontrés et ceux qui touchent le plus profondément les hommes.

  • Les abus sexuels,
  • la crainte de ne pas être la hauteur,
  • la peur d’être père
  • l’aspect financier et la peur de ne pas assumer la charge familiale
  • la peur (sujet souvent tabou) d’être exclu par sa conjointe
  • le fait d’avoir eu des parents défaillants,
    le fait d’avoir perdu un premier enfant,
  • l’angoisse de se tromper
  • la peur de ne pas savoir vraiment ce que l’on veut
  • les rapports conflictuels dans le couple
  • la charge professionnelle
  • la crainte de perdre son emploi
  • les relations sexuelles exclusivement pratiquées pour avoir un enfant
  • le stress de la partenaire

 

LES PROTOCOLES POUR RÉDUIRE LE STRESS

Pour réduire  le stress et augmenter les chances d’avoir un enfant, il est nécessaire que les hommes modifient leurs habitudes. L’arrêt du tabac, la diminution de la consommation d’alcool, doivent s’accompagner d’une alimentation équilibrée pauvre en  graisses saturées et sucres (on raye donc de la carte junk-food et produits industriels) et de la reprise d’une active sportive régulière ainsi que la baisse de la consommation d’écrans (pour améliorer la qualité du sommeil).

Pour  renforcer les effets de ces nouvelles bonnes habitudes, les hommes  peuvent s’initier à la méditation, la sophrologie, la relaxation, le yoga et pourquoi pas l’hypnose.  Ces pratiques permettent d’arrêter de « focaliser » sur le désir d’enfant et aident à réduire la production des hormones du stress.

« Dans le cadre d’un traumatisme plus profond, les hommes désireux d’avoir un enfant doivent trouver un accompagnement thérapeutique pour libérer leur inconscient et avancer vers la voie de la reproduction », conclut Paola Scemama-Ittah, neuropsychologue et coach neuro-émotionnelle.

« Si les femmes sont souvent orientées par leur gynécologues chez un thérapeute, les hommes sont moins bien accompagnés, alors que si la cause de l’infertilité n’est du qu’au stress pour l’homme ou pour la femme, la résolution se fait par une consultation psychologique ».

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