Tout savoir sur l’obstruction des trompes de Fallope

Les trompes de Fallope jouent un rôle essentiel dans la fertilité. Pour diverses raisons, elles risquent néanmoins d’être obstruées ou bouchées, ce qui représente l’une des principales causes d’infertilité. Tout savoir sur l’obstruction des trompes et les solutions pour y faire face : tel est l’objectif de cet article, qui s’appuie sur l’expertise de la gynécologue Véronique Bied Damon. 

RAPPEL : LA NATURE ET LA FONCTION DES TROMPES DE FALLOPE

Les trompes de Fallope, au nombre de 2, sont des conduits (appelées aussi tubes) musculaires reliant chaque ovaire à l’utérus. Les extrémités des trompes se composent de franges, d’aspects filamenteux, elles-mêmes constituées de cellules pourvues de cils.

Mesurant une dizaine de centimètres environ chacune, les trompes de Fallope endossent le rôle-clé de « transporteur » dans la fécondation : au moment de l’ovulation, l’ovocyte passe de l’un des ovaires aux trompes grâce aux franges situées aux extrémités de ces dernières. Grâce aux mouvements des cils qui composent les franges, l’ovocyte peut circuler. Ces mêmes cils aident également les spermatozoïdes à se déplacer, facilitant ainsi la fameuse rencontre qui aboutira à la création d’un embryon. Ce dernier remontera ensuite les trompes jusqu’à parvenir à l’utérus, dans lequel il s’implante pour poursuivre son développement.

Les trompes sont donc des actrices essentielles de la reproduction. Une anomalie sur l’une d’elles peut avoir des répercussions sur l’ensemble de cet écosystème.

 

QU’EST-CE QU’UNE OBSTRUCTION DES TROMPES DE FALLOPE ?

L’obstruction, ou bouchon des trompes, appelée également obstruction tubaire, correspond au freinage voire au blocage des mouvements de l’ovule d’un côté, et des spermatozoïdes de l’autre. Par conséquent, les ovaires et l’utérus ne peuvent plus communiquer non plus.

En cas d’altération, les trompes peuvent être partiellement bouchées mais aussi subir une diminution de leur calibre.

 

OBSTRUCTION DES TROMPES : QUELS SONT LES FACTEURS DÉCLENCHEURS ?

Plusieurs causes existent mais certaines sont plus répandues que d’autres.

 

> Les IST (infections sexuellement transmissibles)

Elles sont en tête des facteurs d’obstruction des trompes de Fallope. La chlamydiae en particulier (dans 80% des cas) est la MST (maladie sexuellement transmissible) qui porte la plus grande responsabilité de l’obstruction tubaire.

« Cependant, grâce aux campagnes de prévention, on constate une régression des obstructions tubaires causées par une IST », relativise Véronique Bied Damon.

Ces infections, selon le délai de leur prise en charge, risquent d’évoluer en inflammations pouvant avoir de graves séquelles sur la structure ou le fonctionnement des trompes, comme sur les franges, par exemple.

 

> Les inflammations 

« Il y a augmentation du risque d’altération des trompes en cas d’inflammation du pelvis, quelle qu’elle soit », prévient Véronique Bied Damon

A noter qu’une inflammation peut aussi être l’une des conséquences d’une IST qui n’aurait pas été traitée à temps.

C’est notamment le cas de la salpingite : cette inflammation peut avoir remonté le vagin ou l’utérus pour infecter les trompes. Si l’origine n’est pas une IST, elle peut également provenir de l’appendice, à la suite d’une appendicite compliquée, notamment. La salpingite crée des adhérences, une agglomération de cellules, provoquant alors l’obstruction des trompes victimes de ces adhérences qui se situent généralement entre l’ovaire et la trompe ou à l’extrémité d’une des trompes.

Deuxième type d’inflammation causant fréquemment l’obstruction des trompes : l’hydrosalpinx. Elle endommage les franges qui les « tapissent ». Conséquence ? Les franges se soudent entre elles, causant alors leur perte étant donné la délicatesse particulière de ces cellules. Ces dernières ne pouvant plus effectuer leur travail, « la trompe accumule du liquide, ce qui la fait grossir », décrit Véronique Bied Damon. À l’origine de l’hydrosalpinx, plusieurs « coupables » : les IST (encore elles), un stérilet défectueux, une endométriose ou une opération chirurgicale compliquée au niveau abdominal.

Le pyosalpinx est un autre type d’inflammation des trompes, qualifiée d’aiguë. Ces dernières se bouchent car elles se remplissent de pus (d’où la racine « pyo ») lié à une infection aggravée. Un traitement antibiotique adapté permettra de transformer cette inflammation en un hydrosalpinx. Si ce traitement ne fonctionnait pas ou était administré trop tard, le risque serait que les trompes se rompent, ce qui provoquerait alors un abcès.

 

> L’endométriose

À cause des portions de tissu endométrial greffées sur la paroi des trompes ou à leur extrémité, ces dernières se bouchent et leur fonctionnement est altéré voire interrompu.

« Les cas d’endométriose étant en hausse, les altérations tubaires causées par ce trouble sont inévitablement en hausse également », alerte Véronique Bied Damon.

 

> Une chirurgie abdominale

Cette dernière cause, si elle est heureusement plus rare, est néanmoins effective. Il s’agit bien sûr d’une complication accidentelle qui peut provoquer, à la suite d’une opération des ovaires ou de l’utérus par exemple, des adhérences liées à une mauvaise cicatrisation.

Véronique Bied Damon ajoute : « Tout geste médical intra-utérin, y compris la pose d’un stérilet, peut provoquer une inflammation pelvienne ayant pour conséquence une obstruction tubaire. »

 

OBSTRUCTION DES TROMPES : QUEL IMPACT SUR LA FERTILITÉ ?

L’obstruction des trompes représente l’une des principales causes d’infertilité féminine, à hauteur de 25% d’entre elles.

Véronique Bied Damon distingue l’obstruction de l’altération : « Une obstruction correspondant à un blocage complet des trompes, les chances d’être enceinte sont alors très faibles ; tandis qu’une altération des trompes diminue la fertilité de 20 à 30%, mais il reste possible d’être enceinte, bien que cela augmente également les risques de grossesse extra-utérine. »

 

OBSTRUCTION DES TROMPES : QUELLES SOLUTIONS ?

2 solutions s’avèrent particulièrement efficaces face à ce trouble : la chirurgie et la FIV (fécondation in-vitro).

« Généralement, la chirurgie est la première solution proposée aux patientes subissant une obstruction des trompes. Elle est particulièrement préconisée lorsque le bouchon se situe à la périphérie ou sur la partie distale des trompes. L’opération consiste alors à retirer les franges endommagées ou bien à les libérer. La chirurgie permet également de vider un hydrosalpinx. »

Toutefois, plusieurs facteurs sont à prendre en compte avant de déterminer la solution la plus adaptée : l’âge de la patiente ou si elle souffre d’insuffisance ovarienne, mais aussi la qualité du sperme de son partenaire… « Si la femme est jeune, on commencera plus facilement par une intervention chirurgicale. Mais si les 2 trompes sont obstruées, la FIV sera préconisée d’emblée », précise Véronique Bied Damon.

Une obstruction des trompes peut s’expliquer par divers facteurs. Bloquant plus ou moins fortement la fertilité, ce trouble n’est heureusement pas insoluble : chirurgie ou fécondation in-vitro pourront être proposées aux patientes, en fonction de leur situation. 

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