Sensibilisation à l’infertilité : où en est-on ?

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Victoria Louvel
Rédactrice santé

Alors que la campagne de sensibilisation à l’infertilité est finie, focus sur les faits marquants, les événements et les chiffres-clés en lien avec cette question pour laquelle nous sommes « tous concernés », comme le rappelle le thème de cette semaine.

L’infertilité, bientôt une question de santé publique ?

Certains faits portent à le croire. Ainsi, le Gouvernement a chargé le Professeur Samir Hamamah, responsable du département de biologie de la reproduction du CHU de Montpellier, de mener le « plan fertilité », en collaboration avec Salomé Berlioux, auteure de nombreux ouvrages dont le récent « La peau des pêches », paru aux éditions Stock. Ce livre, roman qui frôle l’autobiographie sur certains aspects, raconte le cheminement d’un couple confronté à l’infertilité, avec tout ce qui en découle (émotionnellement et médicalement parlant). 

 

Rendre l’infertilité une préoccupation de santé publique fut également l’objectif du collectif BAMP !, association de patients à l’initiative du thème « Infertilité, tous concernés ! ». Elle s’est unie d’ailleurs au média Magic Maman pour informer et sensibiliser à cette cause,  samedi 6 novembre dernier, à l’occasion d’un événement en ligne sur lequel nous reviendrons.

L’infertilité, de plus en plus présente ?

Les chiffres sont pour le moins parlants : la concentration de spermatozoïdes a diminué de 50% en moins de quarante ans chez les nord-américains, européens et australiens (d’après une méta-analyse de l’épidémiologiste Shanna Swan, publiée en 2017).

 

Autres chiffres ajoutés par le Professeur Hamamah : 2,5% d’augmentation du nombre de cancers des testicules et des malformations congénitales des organes reproducteurs masculins, en France, « certainement liées aux perturbateurs endocriniens ».

Dans les couples, l’infertilité est partagée : 30% des infertilités concernent les femmes et 30% sont masculines. Si l’on connaît plusieurs facteurs qui peuvent expliquer l’infertilité (origine génétique, environnement, hygiène de vie, présence d’un trouble ou d’une pathologie…), 10 à 15% d’entre elles restent inexpliquées.

« Il est temps de réagir et de lutter contre la perception que l’infertilité est une maladie honteuse. C’est une maladie comme les autres, qui touche aussi bien les hommes que les femmes », conclut le Professeur Samir Hamamah, confirmant que nous sommes bel et bien « tous concernés » par l’infertilité.