Pourquoi faire appel à une doula en période de préconception ?

Bien qu’encore méconnu, le métier de doula gagne en notoriété. Si l’on parle surtout de la doula pour accompagner la grossesse et la naissance, cette professionnelle peut aussi intervenir à chaque étape clé de la vie, dont la préconception. 

Quels sont les avantages de faire appel à une doula durant cette période ? Réponses dans cet article, avec la collaboration des doulas Camille Fouquet et Hélène Rock, co-présidente de l’association Doulas de France.

Qu’est-ce qu’une doula ?

Si l’on devait résumer le métier de doula en un mot ? Accompagnement.

Hélène Rock, doula, co-présidente de l’association Doulas de France et formatrice, définit ainsi sa profession : « La doula – car le métier, s’il est accessible aux hommes, est très majoritairement exercé par des femmes – accompagne les couples ou les personnes sur le chemin de la parentalité, mais aussi sur un chemin de vie, quel qu’il soit. » En effet, si l’on rattache majoritairement cette profession à la périnatalité, elle peut en réalité s’exercer dans le cadre de nombreuses étapes de l’existence : ménopause, fin de vie… ou encore préconception. 

Dans ce métier où la vie intime se révèle, la confiance réciproque est nécessaire : « Nous avons la chance de pouvoir nous choisir : les personnes me choisissent si elles le souhaitent, mais je les choisis aussi selon la manière dont je les ressens», décrit Camille Fouquet.

Le rôle de la doula

« L’objectif de ce soutien est qu’à son terme, la personne accompagnée soit capable de faire ses choix en toute autonomie et avec une confiance en elle renouvelée », poursuit Hélène Rock.

« Toutes les doulas ont une base de travail commune, mais chacune est différente. Nous écoutons et accueillons, mais chacune à notre manière », rajoute Camille Fouquet qui précise : « En tant que doula, mon rôle n’est pas de materner, mais d’aider à retrouver les clés de la confiance en soi et de révéler ce que souhaite véritablement la personne ou le couple que j’accompagne. » 

Cet accompagnement dans une période charnière et décisive, peut se traduire de différentes manières, en fonction des besoins : écoute active, présence à des moments-clés, source d’informations pratiques, administratives ou médicales, mais aussi redirection vers les professionnels de santé adaptés.

 

Devenir doula

Ce métier reposant sur l’aide à la personne, toutes les formations de ce secteur, mais aussi celles de la petite enfance, peuvent amener à l’exercer. En tant que formatrice, Hélène Rock rencontre souvent des femmes en reconversion professionnelle qui souhaitent devenir doulas à la suite d’une expérience particulière, comme une PMA longue, par exemple.

Si cette profession n’est pas réglementée actuellement, l’ensemble des formations pour y accéder s’appuient néanmoins sur un socle commun, qui représente 144 heures de cours en présentiel. Il se décompose en neuf modules :

  • Positionnement, éthique et philosophie de la doula,
  • Relation d’aide,
  • Installation et modalités dans l’exercice,
  • Les neuf mois de la grossesse, la naissance, notions de base en anatomie, le déroulement de l’accouchement,
  • Le projet de naissance,
  • Besoins innés du bébé et de la mère pendant les 6 premières semaines et le processus de l’attachement,
  • Allaitement,
  • Le deuil périnatal, les difficultés maternelles,
  • Le couple, la sexualité, la place du père.

À l’issue de leur formation, les nouvelles doulas peuvent demander à être inscrites dans l’annuaire de l’association Doulas de France après avoir, au préalable, signé la charte reprenant les principes de l’exercice de leur métier. Une doula peut être amenée à se spécialiser (préconception, préparation à la naissance, fin de vie…) en fonction de ses expériences et de ses affinités.

 

Faire appel à une doula en période de préconception 

Souvent propice aux questionnements et aux doutes, parfois longue en fonction des difficultés rencontrées, stressante si l’enfant tarde à être conçu, complexe en cas de démarches à effectuer…

La période de préconception est plus ou moins évidente à vivre, en fonction des situations et des sensibilités. Faire appel à une doula pendant cette phase peut prendre diverses formes, selon les besoins de la personne ou du couple.

 

Ecoute active

« La plupart de mes accompagnements de couples qui rencontrent des difficultés à concevoir, est initié par la femme. Et finalement, c’est souvent l’homme qui a le plus besoin d’être soutenu. Il éprouve de grandes difficultés à trouver sa place d’autant plus qu’il tait beaucoup de choses. Dans un processus de FIV, par exemple, il peut considérer que sa virilité est atteinte et c’est d’autant plus dur à vivre pour lui. Mon rôle est alors de créer un espace de parole où je reformule ce que j’entends de la part du couple ; où j’écoute bien sûr, mais aussi où j’énonce ce qui n’a pas encore été dit… Un peu comme une traductrice ou une interprète », témoigne Camille Fouquet.

 

Au fil des entretiens, la doula va permettre au couple de se projeter dans sa parentalité, en amenant du positif avant tout : « Certains blocages peuvent avoir lieu quand on se focalise trop sur quelque chose. Concevoir un enfant n’échappe pas à cette règle, d’autant plus quand aucune raison médicale ne justifie une infertilité », explique la jeune doula qui poursuit :

« A priori, la doula sort des sentiers battus : cette profession n’est pas médicale, ni paramédicale, ni issue de l’Université et nous ne sommes pas non plus des thérapeutes. Les gens qui font appel à nous ont simplement besoin d’accueil, de douceur… des éléments qui ne sont pas référencés. »

Rediriger vers les professionnels adaptés

Si le point précédent n’est pas sans rappeler le travail d’une thérapeute ou d’une psychologue, il ne se substitue pas à la mission de ces professionnels, que la doula peut d’ailleurs recommander à ses « accompagnés », si besoin. « Parfois, une simple présence ou une simple écoute suffit, sans qu’il y ait besoin d’un travail d’analyse. En revanche, si l’on s’aperçoit qu’il y a un vécu traumatique, par exemple, nous orientons la personne vers un thérapeute », rappelle Hélène Rock.

En fonction des problématiques rencontrées par les personnes qu’elle accompagne, la doula recommande aussi de s’adresser à des groupes de parole, mais aussi à certains spécialistes tels que les gynécologues, si le suivi n’est pas déjà entamé : « Grâce aux précédentes expériences de femmes que j’ai suivies, mais aussi à mon propre réseau professionnel, je peux orienter une personne vers un médecin avec des pratiques correspondant à ce dont elle a besoin. Je suis toujours joignable pour ceux que j’accompagne et c’est important pour eux d’avoir quelqu’un à appeler en cas d’inquiétude. Mais mon travail est complémentaire de celui des médecins : il est essentiel qu’ils soient suivis en parallèle. »

Dans le cas d’un processus de PMA long, par exemple, la doula permet de centraliser et de synthétiser le flot d’informations reçues d’un spécialiste à un autre. Parce qu’elle a été formée à ces problématiques, elle aide le couple à y voir plus clair et à mieux comprendre l’ensemble des étapes qu’ils gravissent.

En pratique

Grâce à sa formation, la doula peut aussi aider la future mère à reconnaître les phases fertiles de son cycle menstruel et ainsi, l’aider à mettre toutes les chances de son côté pour devenir enceinte.

« Certaines des femmes que j’ai accompagnées durant leur période de préconception pensaient qu’elles ne pouvaient pas avoir d’enfant. L’enjeu était alors de restaurer leur confiance en elles. Cet accompagnement permet généralement aux familles de se recentrer  sur elles-mêmes et d’envisager des solutions ou des postures auxquelles elles n’avaient pas pensé auparavant », relate Camille Fouquet.

La doula, accompagnante de la parentalité

De la préconception au post-partum, c’est la parentalité dans son ensemble que la doula soutient. Que les (futurs) parents aient une demande ponctuelle à un moment précis de leur parcours ou qu’ils aient besoin d’un accompagnement sur du plus long terme, cette professionnelle démontre à leur égard « un accueil plein et inconditionnel », comme le décrit Hélène Rock.

 

Bien que les services d’une doula ne soient pas pris en charge par la sécurité sociale ni subventionnés par la CAF, des pistes sont activement envisagées par l’association Doulas de France pour les rendre accessibles au plus grand nombre : bénévolats mais aussi un projet de cagnotte solidaire à destination des femmes et des familles démunies.

 

Il faut dire que l’enjeu est de taille : « La doula aide les couples à poser leur choix, mais surtout à suivre un projet et un parcours de parentalité à leur image ; à ne pas être seuls et démunis au milieu de tous leurs rendez-vous médicaux… Ils méritent d’avoir le choix, d’être pleinement informés et acteurs de leur parentalité, en adéquation avec leur suivi médical. Pour y parvenir, il est essentiel pour eux d’avoir une interlocutrice privilégiée dès le départ, d’autant plus si leur période de préconception est longue », conclut Hélène Rock.

 

Pour en savoir plus sur le métier de doula, le site internet de l’association Doulas de France : https://doulas.info/

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