Découverte d’un gène impliqué dans la production et la motilité des spermatozoïdes

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Victoria Louvel
Rédactrice santé

Des recherches menées par l’Inrae sur l’un des IncRNAs (ARN non codant long) dérégulé par l’inactivation du gène Topaz1, mettent en évidence son impact sur la production et la motilité des spermatozoïdes. Ces premiers résultats chez les rongeurs, permettent de se poser de nouvelles questions sur l’infertilité masculine.

Le gène Topaz1 et ses IncRNAs

En préambule, il faut savoir qu’un gène est rattaché à de nombreux IncRNAs, qui sont donc multiples, bien que la plupart d’entre eux soit inexplorée. Ils représentent la classe la plus étendue de gènes.

Pour revenir à l’étude de l’Inrae, tout part d’un fait déjà scientifiquement vérifié : le gène Topaz1 est indispensable à la spermatogenèse chez les mammifères.

Initialement découvert dans l’ovaire fœtal d’une brebis, on le retrouve également, au fil du temps, chez l’Homme et chez la souris, plus particulièrement dans les testicules adultes.

De précédentes études ont permis de découvrir qu’en cas de désactivation de ce gène chez les souris mâles, ces dernières devenaient stériles. Cette infertilité s’explique par le blocage de la spermatogenèse et la dérégulation de plusieurs ARN non codants longs (les fameux IncRNAs) présents dans les testicules).

Après plusieurs analyses effectuées sur les souris dont le gène Topaz1 avait été désactivé, elles ont révélé que ces perturbations géniques portaient plus particulièrement sur la motilité et la production des spermatozoïdes.

Les scientifiques ont encore plus affiné leurs recherches en s’intéressant à un IncRNA en particulier : 4930463O16Rik, l’un des 35 lncRNAs dérégulés à 16 et à 18 jours après la naissance des souris concernées. Résultats ? Si cet ARN non-codant long n’affecte pas la fertilité générale du rongeur, son absence entraîne néanmoins des impacts sur certaines caractéristiques des spermatozoïdes ; notamment leur motilité et leur morphologie. De plus, la concentration des gamètes se retrouve diminuée de 57%.

De nouvelles données sur la fertilité masculine ?

Bien que ces études ne portent pour l’instant que sur les rongeurs, le fait que le gène Topaz1 soit commun à leur espèce et à la nôtre, entraîne inévitablement des questionnements.

Certains cas d’infertilité masculine pourraient-ils s’expliquer par l’absence de l’ARN non codant long 4930463O16Rik, s’il est bien présent, lui aussi, chez l’Homme ? Et si oui, quels traitements permettraient d’y remédier ?

Des questions dont les réponses ne manqueront sûrement pas de venir dans les prochaines années, après ces découvertes prometteuses.